Les conseils pour payer son carburant moins cher se ressemblent tous et ne se chiffrent jamais. Les voici chiffrés, sur les relevés du jour, avec un plein de 50 litres de gazole comme unité de compte. Trois en valent la peine, deux sont marginaux, deux relèvent de la légende.
1. Choisir la station, pas l'enseigne
C'est de loin le premier levier, et il écrase tous les autres. Au dernier relevé, la moyenne nationale du gazole est de 2,366 € et la station la moins chère de France l'affiche à 1,381 €. Entre les deux, 49,25 € sur un plein. Personne ne traversera la France pour cela, mais l'écart entre deux stations d'une même agglomération atteint couramment quinze à vingt centimes, soit sept à dix euros.
Gain réalisable : 5 à 10 € par plein, sans changer d'habitude, en regardant une fois quelle station de votre trajet quotidien est la moins chère. C'est un choix à faire une seule fois, pas à refaire chaque semaine. La carte répond en dix secondes.
2. Éviter l'autoroute pour le plein
Le gazole d'autoroute se vend 2,459 € contre 2,361 € ailleurs, soit 4,90 € par plein. Partir avec le réservoir plein suffit à l'éviter ; sortir exprès, en revanche, ne rapporte que si la station est à deux ou trois kilomètres.
Gain : 4,90 € par plein d'autoroute évité. Le détail du calcul du détour est dans le guide consacré à l'autoroute.
3. Regarder le réseau, une fois
Les moyennes par enseigne s'étalent de 2,247 € chez TotalEnergies Contact à 2,680 € chez Shell, soit 21,65 € d'écart sur un plein. Une moyenne de réseau ne dit rien d'une station précise, mais elle dit dans quelle direction chercher.
Gain : 2 à 5 € par plein, sans effort répété. Le classement complet se met à jour à chaque relevé.
4. Rouler à l'E85, si le calcul le permet
C'est le levier le plus puissant et le seul qui demande un investissement. Il ne concerne que les véhicules essence, suppose un boîtier homologué, et se rembourse au bout d'un kilométrage précis. Le calcul entier est dans le guide consacré à l'E85.
Gain : plusieurs centaines d'euros par an au-delà de quinze mille kilomètres, rien du tout en dessous de dix mille.
5. Gonfler ses pneus
Marginal mais réel, et gratuit. Des pneus sous-gonflés de 0,5 bar augmentent la consommation d'environ 2 %. Sur un plein, cela représente une petite pièce ; sur une année à quinze mille kilomètres, une trentaine d'euros. Le vrai argument n'est pas l'économie, c'est l'usure et la tenue de route.
Gain : environ 2 %, soit 1 à 2 € par plein. À faire pour d'autres raisons que celle-ci.
6. Faire le plein le matin, quand il fait froid
Celui-ci revient tous les ans et repose sur un fait vrai mal appliqué. Le carburant se dilate à la chaleur, donc un litre froid contient un peu plus de matière. Sauf que les cuves sont enterrées : leur température varie de un ou deux degrés dans la journée, pas de quinze. La dilatation du gazole est d'environ 0,08 % par degré. Sur un plein de 50 litres, deux degrés d'écart représentent moins de dix centilitres.
Gain : quelques centimes. Autant dire rien.
7. Attendre le bon jour de la semaine
L'idée qu'un jour serait systématiquement moins cher qu'un autre ne résiste pas aux relevés. Ce qui existe, en revanche, c'est un rythme de publication : les remontées ralentissent le week-end et les jours fériés, ce qui fait vieillir les prix affichés sans les faire baisser. La tendance hebdomadaire se lit dans les bulletins, et elle se compte en centimes par semaine, pas en centimes par jour de la semaine.
Gain : nul, sauf à décaler son plein de plusieurs semaines, ce qui n'est pas une décision d'automobiliste mais de spéculateur.
Le total
Les trois premiers leviers se cumulent et demandent chacun une décision unique : quelle station sur mon trajet, quel réseau, jamais d'autoroute. Ensemble, ils représentent couramment huit à quinze euros par plein, soit deux à quatre cents euros par an pour quinze mille kilomètres. Les quatre suivants, additionnés, n'en valent pas un seul.