Le prix au litre ne se négocie pas : il est affiché, et le seul choix est la station. Le nombre de litres, lui, dépend entièrement de la conduite. C'est le levier le plus ignoré parce qu'il ne se voit pas sur le ticket.
Tout ce qui suit est chiffré sur une base unique, annoncée d'emblée : 15 000 kilomètres par an, 7 litres aux cent, au prix du gazole du jour.
1 050 L
15 000 km par an2 484 €
au prix du jour25 €
ce que vaut chaque pour centRetenez ce dernier chiffre : sur cette base, chaque pour cent de consommation évité vaut environ 25 euros par an. Il rend comparables tous les conseils qui suivent.
Ce qui pèse vraiment
Lever le pied sur autoroute. La résistance de l'air croît avec le carré de la vitesse : c'est le poste dominant au-delà de 90 km/h. Passer de 130 à 110 km/h fait gagner de l'ordre de 15 % sur la portion concernée, et coûte une dizaine de minutes sur deux cents kilomètres.
Gain, si l'autoroute représente un tiers de votre kilométrage : environ 124 € par an et 53 litres.
Anticiper au lieu de freiner. Toute énergie envoyée dans les freins a d'abord été achetée à la pompe. Lever le pied trois cents mètres avant un feu rouge plutôt que de freiner au dernier moment change le chiffre de façon mesurable, surtout en ville où les arrêts sont nombreux. Comptez 5 à 10 % selon le parcours.
Gain : 174 € par an environ, davantage si vous roulez surtout en ville.
Ne pas transporter ce qui ne sert pas. Une galerie de toit vide coûte jusqu'à 10 % sur autoroute, uniquement par traînée aérodynamique. Un coffre de toit, davantage. Le retirer entre deux départs en vacances est le geste au meilleur rapport effort-gain de cette liste.
Gain, galerie retirée hors période d'usage : jusqu'à 99 € par an.
Ce qui compte un peu
La pression des pneus. Un sous-gonflage de 0,5 bar augmente la consommation d'environ 2 % et use les flancs. À vérifier tous les deux mois, à froid, et à la pression indiquée sur le montant de portière, non sur le flanc du pneu.
Gain : 50 € par an. À faire d'abord pour la sécurité.
La climatisation. Elle coûte de l'ordre de 5 % en ville, beaucoup moins sur autoroute où le compresseur travaille dans de meilleures conditions. Rouler vitres ouvertes à 110 km/h coûte souvent davantage : la traînée l'emporte sur le compresseur.
Gain : quelques dizaines d'euros par an si vous vous en passez en ville. Sur autoroute, gardez-la.
Ce qui ne change à peu près rien
- Rouler avec un réservoir à moitié plein pour alléger. Trente litres de carburant pèsent vingt-cinq kilos, sur une voiture qui en fait mille trois cents. L'effet est sous le pour cent, et vous passez deux fois plus de temps en station.
- Couper le moteur aux feux, à la main. Les systèmes d'arrêt automatique le font déjà, et le faire soi-même sur un véhicule qui n'en a pas use le démarreur pour un gain inférieur à trente secondes d'arrêt.
- Les additifs « économiseurs ». Aucune étude indépendante ne mesure d'effet reproductible. L'argent est mieux placé dans un gonflage correct.
- Rouler en roue libre. Sur un moteur à injection moderne, lever le pied en prise coupe l'injection ; débrayer la rétablit au ralenti. La roue libre consomme donc plus que le frein moteur.
Le total réaliste
Les trois premiers gestes, tenus toute l'année, représentent couramment 10 à 15 % de consommation, soit 298 euros et 126 litres sur la base de calcul ci-dessus. C'est du même ordre que ce qu'apporte le choix de la station, décrit dans le guide sur le prix, et les deux se cumulent.