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Guide · 6 min de lecture

Quel jour de la semaine le carburant est le moins cher

Chacun a sa règle, personne ne l'a mesurée. Le site relève le prix moyen national chaque jour : il suffit de trier ces relevés par jour de semaine.

« Ne fais jamais le plein le vendredi. » « Le lundi matin, c'est toujours moins cher. » Chacun a sa règle, et personne n'a jamais mesuré. Le site relève pourtant le prix moyen national chaque jour depuis sa mise en service : il suffit de trier ces relevés par jour de semaine pour que la question se règle.

Ce que disent 401 journées de relevés

Voici, pour le gazole, le prix moyen national de chaque jour de la semaine, et son écart à la moyenne de l'ensemble. Le calcul porte sur 401 journées, soit une cinquantaine par jour de semaine.

  • Lundi −0,34 ct 1,946 €/L en moyenne 57 journées relevées
  • Mardi +0,39 ct 1,953 €/L en moyenne 57 journées relevées
  • Mercredi +0,44 ct 1,953 €/L en moyenne 57 journées relevées
  • Jeudi +0,11 ct 1,950 €/L en moyenne 58 journées relevées
  • Vendredi −0,59 ct 1,943 €/L en moyenne 58 journées relevées
  • Samedi −0,91 ct 1,940 €/L en moyenne 57 journées relevées
  • Dimanche +0,91 ct 1,958 €/L en moyenne 57 journées relevées

Le verdict, et sa taille réelle

Le jour le moins cher est le samedi, le plus cher le dimanche. Entre les deux, 1,83 centimes le litre, soit 0,91 € sur un plein de 50 litres.

Gardez ce chiffre en tête avant d'organiser votre semaine autour : sur un plein, l'effet du jour se compte en centimes d'euro, quand l'écart entre deux stations de la même ville se compte en euros. Le jour est la dernière variable à optimiser, pas la première.

Pourquoi le dimanche sort du lot

Si le dimanche apparaît plus cher que les autres jours, ce n'est pas que les stations augmentent leurs prix le dimanche. C'est qu'elles ne sont pas les mêmes à déclarer. Les stations de supermarché, qui tirent la moyenne vers le bas, ferment ou n'actualisent pas le week-end ; les stations ouvertes en continu, plus chères par nature, restent seules à transmettre. La moyenne du dimanche décrit donc un échantillon différent, pas un tarif différent.

C'est un biais de composition, et il vaut d'être connu : il touche toutes les moyennes nationales publiées, ici comme ailleurs. La méthode complète de calcul est décrite sur la page de méthode.

Ce qui compte vraiment, dans l'ordre

  1. Où. L'écart entre la station la moins chère et la plus chère d'une même agglomération dépasse régulièrement quinze centimes le litre, soit dix fois l'effet du jour de semaine. La carte le montre d'un coup d'œil.
  2. Quel réseau. L'écart moyen entre le réseau le moins cher et le plus cher est du même ordre. Le classement des enseignes le tient à jour.
  3. Autoroute ou non. La question la plus coûteuse de toutes, traitée dans le guide qui lui est consacré.
  4. Le jour. En dernier, et seulement si tout le reste est déjà réglé.

D'où vient la légende du lundi

Elle a une origine réelle, et elle est datée. Jusqu'au début des années 2000, les prix des carburants suivaient un calendrier administratif hebdomadaire, et les répercussions se faisaient par palier, souvent en début de semaine. Les automobilistes de l'époque avaient donc raison, et leurs enfants répètent une règle qui décrivait un monde disparu.

Aujourd'hui, chaque station fixe son prix librement et l'ajuste quand elle le veut, parfois plusieurs fois par semaine, parfois pas du mois. La décision dépend de son approvisionnement, de son stock, et surtout de ce qu'affiche le concurrent d'en face. Il n'y a plus de rythme national, et c'est exactement ce que montrent les écarts mesurés ci-dessus : quelques dixièmes de centime, là où une règle véritable produirait des centimes entiers.

Ce qui a, lui, un vrai rythme

Trois cycles se lisent nettement dans le journal, et aucun des trois n'est hebdomadaire.

  • Le cours du pétrole, qui se transmet à la pompe avec un décalage d'une à trois semaines. C'est le moteur principal, et il ne se prévoit pas. Le guide sur la composition du prix détaille la chaîne complète, du baril au panneau.
  • Les vacances scolaires, qui gonflent la demande sur quelques jours et sur quelques axes. L'effet est régional bien plus que national, et il touche surtout les stations d'autoroute.
  • Les annonces fiscales, qui produisent des mouvements brutaux à date connue. Ce sont les seules hausses ou baisses qu'on puisse anticiper, et elles se voient immédiatement dans les bulletins hebdomadaires.

La seule anticipation qui paie

Elle ne porte pas sur le jour, mais sur le niveau du réservoir. Un conducteur qui ne descend jamais sous le quart garde le choix de sa station et de son moment ; celui qui roule sur la réserve prend le premier prix qui se présente. Sur une année, l'écart entre ces deux comportements dépasse largement tout ce qu'un calendrier pourrait apporter.

Le deuxième geste utile est de suivre la tendance plutôt que le jour. Quand les bulletins annoncent plusieurs semaines de hausse consécutives, remplir complètement a un sens ; quand la tendance descend, remplir à moitié et attendre en a un aussi. C'est une décision sur des semaines, pas sur des jours, et c'est la seule échelle à laquelle le prix bouge assez pour que l'arbitrage compte.

Et l'heure de la journée

Le flux du jour ne permet pas de répondre : il ne porte qu'un relevé par déclaration, sans historique intrajournalier. L'archive annuelle officielle, elle, horodate chaque changement de prix à la minute, et l'étude qui la dépouille montre que deux changements sur trois ont lieu avant dix heures. L'idée qu'il vaudrait mieux faire le plein le matin parce que le carburant serait plus dense à froid relève, elle, de la légende : les pompes sont compensées en température, et l'écart de volume qu'on y gagnerait se compterait en fractions de centime.

Qui écrit ce guide

Rodolphe Vandaele édite CarbuFrance et écrit ses guides. Les chiffres cités ici sont recalculés à chaque visite sur les relevés du jour : aucun prix n'est figé dans le texte. La méthode de calcul est publiée sur la page de méthode, et une erreur se signale par la page de contact.

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